20 années à dépérir le coeur de Calais
Nous avons pu lire beaucoup de polémiques autour de l’anniversaire des 20 ans de la construction du centre commercial « Les 4B » de Calais. Nous faisons le point sur l’histoire du centre-ville de la ville de Calais.
Le centre-ville d’antan…
Dans les années 70, le centre- ville de Calais se situait réellement au carrefour des « 4 Boulevards »: boulevards Jacquard, Léon-Gambetta, Pasteur et Lafayette. C’est donc la place du Théâtre qui en était la jointure, désormais nommé place Albert-1er (cela fait plus classe).
Le boulevard Jacquard était le principal boulevard très achalandé de par ses nombreux magasins: Prisunic, le primeur à proximité, Le Printemps… le tout entouré par de nombreuses brasseries (dit « cafés » jadis). Le boulevard Léon-Gambetta était moins prisé et possédait peu de commerces: le plus renommé d’entre-eux était « Les Cycles Bernard ». Le boulevard Pasteur possédait un petit attrait du fait qu’il est de petite dimension. Quant au boulevard Lafayette, le plus grand boulevard des quatres, avait de très nombreux magasins de qualité. Sa proximité avec la rue du Commandant-Mengin qui débouche sur la place Crèvecoeur, faisait que le marché du samedi apportait un atout supplémentaire. Car il durait, à l’époque, toute la journée et non pas uniquement le matin désormais.
Le coeur de ville de Calais grouillait de badauds: c’était le premier et véritable réseau social de Calais. Beaucoup de monde faisait des emplettes mais aimait également s’arrêter sur les trottoirs afin de discuter entre personnes. Il en était même parfois difficile de circuler sur les boulevards tellement qu’il y avait du monde. Il y avait énormément d’Anglais également qui venait faire du tourisme: c’était joyeux.
L’avènement de l’ére « Jacky Hénin » fit que le stationnement des voitures passa en zone bleu, limitant la durée. Cela a débuté dans le courant des années 80. La fréquentation des boulevards diminua par là-même. Il fut décidé de refaire tous les trottoirs des quatre boulevards. Il faut avouer que les pavés qui les composaient se détacher: on s’y prenait les pieds dedans. Les travaux ont duré de nombreux mois…
Il fut décidé de construire un centre commercial face au magasin Prisunic nommé « Les 4B » en distinction des Quatre Boulevards. Le projet était immense; il engloutissa une partie de la rue Charost (coupée en deux aujourd’hui) et la rue de la Villa. Le gros problème est que cela faisait concurrence au magasin Prisunic. Ce super-marché était très prisé car on y trouvé de tout: pâtisserie, alimentation, vêtements, outillages, etc… De surcroit, sur sa fin de vie il était même ouvert tous les jours, même le dimanche.
L’ouverture des 4B causa la fermeture de l’emblématique Prisunic qui datait d’après guerre. Avec l’envie de Jacky Hénin de passer le stationnement en mode payant sur les boulevards, poussant celui-ci aux rues adjacentes, cela a tué littéralement le centre ville de Calais. Et cela a causé la perte du siège de maire à Jacky Hénin d’ailleurs.

Le réel déclin du centre ville de Calais
L’ouverture du centre commercial en fit rêver plus d’un. Le gros problème était son agencement. Il n’y avait plus assez de commerces pour le remplir. On alla chercher des enseignes comme Majuscule qui était implanté boulevard Lafayette et fonctionnait à merveille en son temps, pour combler le nouveau centre commercial. Mais déplacer les habitudes des badauds fit qu’un commerce fleurissant comme Majuscule ne retrouva pas sa clientèle. Une clientèle se fidélise à l’agencement des lieux. Le nouveau magasin était trop moderne, trop spacieux et beaucoup moins convivial, avec des prix devenus exorbitants… cela était devenu triste à mourir. Ce n’est qu’un exemple à savoir pourquoi le centre commercial des 4B fut un véritable fiasco.
L’arrivée de Natacha Bouchart en tant que maire de la ville de Calais, venue de sa ville natale de Lens, a vu le rachat pour un euro symbolique de ce bâtiment. Au passage, il fut renommé en « Calais Coeur de Vie » afin de bien marqué l’empreinte et signature obsésionnelle de Natacha Bouchart. Il fut renommé par certains Calaisiens en « Calais Coeur d’ennui ». Car malheureusement, depuis, cela a été de pis en pis. Les loyers sont énormes. Les commerces ouvrent rapidement et ferment aussitôt. Le bâtiment se délabre: un échaffaudage dort désormais constamment au pied de l’escalor du parking, afin de le soutenir (moralement). Des petits commerçants qui cherchaient à s’y implanter, devaient monter un dossier « à la française » pour ne pas avoir de réels résultats…
Natacha Bouchart se fit un malin plaisir de détruire la façade originelle du magasin Prisunic en compagnie de Calaisiens et de la presse locale. Il fallait sublimer la création de la nouvelle école des Beaux Arts. Notre actuelle maire aime visiblement à éliminer toute image de marque de Calais d’antan pour y apposer sa signature: c’est notre Grande Dame de Calais. Elle a « créé » le Grand Théatre, le Grand Calais, la Grande Parade de Noël, le « grand » Calais LA Plage…
Petit à petit, la ville de Calais a créé, comme partout en France, des zones de commerces extérieures à la ville. Le centre-ville a perdu presque tous ses commerces. Les lieux sont envahis de nos jours par des services à la personne: crèche, société des eaux, école du numérique, assurances… Même les banques fuient de plus en plus le véritable centre-ville de Calais. Il est amené à être déplacé petit à petit à Calais-Nord. Mais Calais a réellement perdu de sa superbe !
Mais Calais, restera toujours Calais: la ville à l’atmosphère douce et paisible en bord de mer.

Les emblématiques commerces à faire de la résistance sont la pâtisserie « Verschelle » et le tabac « Cousin ». Mais il viendra un jour où la retraite professionnelle se fera sentir comme le magasin « Henry Martin » qui a fermé dernièrement. A moins qu’une relève de génération arrive à reprendre le flambeau.


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