« Je m’ennuie de tourner à vide »
Le Varan de Calais qui a été conçu afin de faire profiter de la visite des quartiers reculés de notre ville, tourne tout l’été au pied du Fort Risban. Malgré la forte fréquentation touristique de notre Ville de Calais, il faut se mettre à l’évidence que cette magnifique bête ne plaît pas, ou tout du moins le concept actuel de ses balades de visiteurs ne prend pas.
Et oui, il faut bien l’avouer: le Varan tourne souvent à vide lors de ses promenades. Nous pouvons l’apercevoir souvent à l’entrée du bassin Ouest ou au Fort Risban. Il plaît fortement aux enfants car il est à portée de main. On aime lui faire une petite caresse sur le museau. Mais le Varan, outre le fait qu’il est tombé rapidement en panne, ou qu’il a subi une période de révision tout comme le Dragon de Calais, reste bien souvent à la Compagnie du Dragon en train de dormir.
Mais d’où peut venir ce dilemme ?
Plusieurs questions peuvent venir à l’esprit: est-ce que le tourisme de masse ne s’opère pas tout simplement à Calais LA Plage ? En effet, le Dragon marche tout l’été le long de la digue Gaston-Berthe. Il doit faire quelques haltes afin de se reposer. Toutefois le public continue de l’adorer. De surcroît, c’est une machine énorme et imposante. Du haut de son dos, on y découvre toute la plage. Le Dragon est aussi plus lent en comparaison du Varan qui reste une bête plus rapide.
Est-ce que les balades prévues pour le Varan ont bien été choisies ? Son parcours reste qu’à partir du Fort Risban, il part faire le tour du port de plaisance. Cela peut être attrayant de voir ces grands voiliers vus du haut. Mais la balade autour du bassin du Paradis qui est désormais vide, jusqu’au quai Paul-Devos, en passant devant le monument Gavet, cela reste peu intéressant.
Nous en avons déjà parler dans nos chroniques, mais cela serait plus sympa de faire effectuer la visite de Calais-Nord à notre Varan. Les touristes risquent plus d’apprécier de découvrir les esplanades, l’église Notre-Dame, le tour du parc Richelieu: c’est généralement pour cela que nos visiteurs, parfois d’un jour, viennent découvrir Calais. Le festival de Street-Art, quant à lui, génère moins d’enthousiasme car il faudrait marcher 20 à 30 km à pied dans la journée afin de découvrir les très nombreuses œuvres dans tout Calais.
Les balades hivernales du Varan sont destinées dans les quartiers excentrés. Mais celles-ci sont peu dédiées aux touristes qui ne passent pas Calais qu’à la période des fêtes de fin d’année. La vie possède un coût, de plus en plus difficile à supporter pour le tourisme de proximité: on ne peut se permettre des visites éloignées, déjà par le prix des carburants, mais également par le coût de la vie en générale. Aller au restaurant devient chose difficile; l’effet « resto-basket » a trop tendance à se développer. Les gens préfèrent se restaurer dans les snacks ou restauration rapide car les frais sont moindres.
Bref, notre adorable petit Varan a tendance à se morfondre, lui qui avait connu cet énorme enthousiasme à son arrivée ! Le Varan est-il rentable aujourd’hui ? A moins d’un an de son arrivée à Calais, nous aurions tendance à avouer par la négative.

Et quand la Compagnie du Dragon estime qu’elle a doublé son chiffre d’affaire grâce au Varan, ce chiffre ne doit pas refléter le coût réel d’exploitation. Hier encore le Varan était au repos dans l’aprés-midi.


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