Une vie enfantine effrayante pour les parents d’aujourd’hui…
Dans la France urbaine comme rurale des années 1960, les écoliers devaient traverser plusieurs kilomètres vers l’école primaire. Il va de soi que cela se réalisait sans smartphone ni adulte accompagnant. Ces souvenirs de liberté, entre rigueurs, punitions et Certificat d’Études d’aboutissement, feraient de nos jours chavirer bien des réalités parentales.
Nous étions vêtus de véritables vêtements adaptés aux saisons en cours. L’hiver, nous étions très bien chaussés: pas question d’avoir les pieds gelés ou détrempés par la neige ou les averses de pluie. Il n’y avait pas ce phénomène de mode issu de notre monde moderne. L’été, les garçons portaient des « culottes courtes »: c’était des pantalons dont la taille descendait au-dessus du genou. Pour les filles, la jupe généralement plissée était de mise de toutes saisons.
Nous parcourions plusieurs kilomètres sans réelles craintes de qui que ce soit. Notre mère nous confiait même de l’argent afin d’acheter chez le boucher la viande pour le repas familial du midi. A l’époque, ces repas étaient composés du petit déjeuner du matin. Ce nom est des plus naturels dans la mesure que nous jeunions durant la nuit. Le repas du midi était nommé « dîner » car il était le premier véritable et gros repas qui nous redonnait des forces, surtout lorsque notre père était un véritable ouvrier de force. Le repas du soir était nommé « souper », car dans les milieux ruraux comme en ville, ce dernier repas était moins frugale. Il était souvent constitué d’une soupe aux légumes ou autre. Entre ces deux principaux repas, nous avions le droit au goûter composé généralement de véritables tartines de pain acompagnées de confiture ou d’un carré de chocolat.
Les maitres d’école étaient très respectés. Ils étaient parfois dure de par leurs punitions: le véritable bonnet d’âne ou au coin les mains sur la tête; pire encore la frappe de la règle en fer sur le bout des doigts ou à genou sur une règle carré durant plusieur minutes. Néanmoins nous aimions arriver plus tôt à l’école afin de profiter une récréation supplémentaire avant la sonnerie de classe. Toutefois, nos maitres savaient parler aux enfants. Ils savaient prendre soin d’eux: « bon aujourd’hui il neige, c’est l’heure de la récréation: ceux qui veulent rester au chaud dans la classe, le peuvent » (et notre maitre d’école partageait sa tablette de chocolat noir avec les élèves ayant désiré rester à l’intérieur). La salle de classe était chauffée par un simple poêle à charbon dont nous étions heureux d’aller remplir le seau au fond de la cour. En outre, c’est l’un de mes maitres d’école qui avait décelé que je devais porter des lunettes d’une première myopie.
Nous n’étions pas submergés par nos devoirs le soir venu. Il y avait de fréquentes coupures d’électricité qui nous forçaient à s’éclairer à la bougie.Les vacances n’étaient pas organisées de la même manière qu’aujourd’hui. Ils se résultaient en plus de deux mois l’été, suivi de deux semaines de vacances de Noël et Nouvel An, deux semaines de vacances d’hiver. Nous allions à l’école du lundi au samedi midi; et nous n’avions pas cours le jeudi après-midi; d’où l’expression rêver de la semaine de quatre jeudis.
C’était un autre style de vie, plus dure plus simple mais une vie sereine. Et nos parents savaient nous conseiller également…
Pour la petite histoire…
Notre mère nous avait conseillé: « si un vieux monsieur vous propose de monter dans sa voiture pour manger des bonbons, surtout vous n’acceptez pas ! » Un beau jour, nous étions trois à rentrer d’une balade au parc Saint-Pierre. Une voiture de type Citroen DS noire s’approche de nous. Un vieux monsieur ouvre sa vitre et nous propose: « voulez-vous des bonbons les petits enfants ? »… Là, nous sommes partis en courant à toutes jambes, passant par des raccourcis pour rentrer le plus vite possible chez nous. Cela est un fait réel de l’époque et non une affabulation enfantine.





Laisser un commentaire